1h22 avec NAWELL MADANI
Writer • Boris Rodesch - Photography • Michel Verpoorten
Danseuse, humoriste, comédienne, scénariste, réalisatrice et productrice, cette artiste bruxelloise hyperactive, installée à Paris, s’est révélée au grand public en 2012 grâce au Jamel Comedy Club. Nawell Madani fera son retour à Forest National en février prochain — plus de dix ans après avoir été la première humoriste belge à monter sur la scène de cette salle mythique — pour présenter son deuxième spectacle : Nawell tout court.
Boris Rodesch a pris l’Eurostar avec Nawell Madani
Quel est votre premier souvenir de ce trajet vers Paris ?
C’était pour passer le casting des danseuses de la comédie musicale "Les Dix Commandements".
Quel est le lien entre vos activités du passé, du présent et du futur ?
Créer. C’est une histoire de corps qui raconte, partage et transmet avec une seule envie, celle de toucher les gens. Que ça passe par le corporel ou le verbal, il s’agit surtout de les divertir et de les émouvoir.
Si vous deviez définir votre enfance ?
Elle a été complexe, parce que j’ai grandi avec beaucoup d’amour et en même temps, avec des parents souvent absents. Mon père était chauffeur de taxi, ma mère infirmière. J’ai eu une enfance protectrice au niveau familial, entourée de mes grandes sœurs, mais aussi très agressive à l’école, parce que suite à un accident domestique, j’étais devenue la risée de la cour. Je garde donc le souvenir d’une enfance compliquée.
NDLR : Nawell Madani a reçu une friteuse sur la tête à l’âge de deux ans, brulant son cuir chevelu au troisième degré.
On ne parlait pas beaucoup de harcèlement scolaire, mais c’est exactement ce dont vous étiez victime ?
Bien sûr et j’en parle dans mon premier film, C’est tout pour moi. On m’appelait "klachkop" ou encore "tête de fesses"… C’était une période difficile, j’avais du mal à trouver ma place et à me faire des amis. À l’époque, nous n’étions pas sensibilisés au harcèlement scolaire comme aujourd’hui. Se faire ennuyer dans la cour de récré ou partir à l’école le matin avec la boule au ventre, personne n’en faisait un drame. On nous disait que c’était normal, que c’était comme ça que nous allions grandir, apprendre la vie et devenir "un homme".
Avec le recul, ce traumatisme de l’enfance a façonné l’adulte que vous êtes devenue ?
Il m’a surtout permis de développer une certaine répartie pour me défendre contre les agressions verbales et les moqueries. Je me souviens du conseil de ma mère : "La meilleure défense, c’est l’attaque. Observe-les, ils ont tous un complexe". Il fallait que je sois toujours prête à contre-attaquer de façon à leur répondre au moment où ils ne s’y attendaient pas.
Quelle leçon tirez-vous de cette épreuve avec votre regard de maman ?
J’ai envie d’apprendre à ma fille à s’assumer, à être fière de ses cheveux frisés et de sa couleur de peau basanée. J’espère qu’elle ne se laissera jamais faire et qu’elle n’aura surtout pas peur de venir en parler. C’est la meilleure façon d’éviter que les choses s’enveniment.
On a pu lire que votre père vous appelait parfois "mon fils" ?
Ça lui arrive encore. Après, il a élevé trois filles dans un quartier populaire à Anderlecht, donc il avait un peu peur pour nous. Il nous a élevées comme des garçons. Il m’a inscrite au kick-boxing, il organisait des bras de fer avec mes sœurs… Mais ça ne m’a jamais dérangée et comme je voulais être sa chouchoute, j’ai accepté l’idée d’être le petit mec qu’il n’avait pas encore eu. Mon frère est arrivé plus tard.
Et vous avez longtemps cherché sa reconnaissance, allant jusqu’à lui réserver une place symbolique à chacun de vos spectacles ?
Il est finalement venu voir mon premier spectacle, C’est moi la plus belge, à l’Olympia, en 2017. J’étais en tournée depuis 2013 et c’était la première fois qu’il venait me voir jouer. Il était si ému de voir son nom en rouge et de réaliser que 2000 personnes avaient acheté leur ticket. Il n’arrivait pas à verbaliser son émotion, mais j’ai senti que ça l’avait touché. Même s’il m’a fait comprendre qu’il le savait. Il a toujours dit aux gens : "Ma fille, je la connais, elle est généreuse dans l’effort…" Et il me disait toujours que si c’était ma passion, avec ma pugnacité, je finirais par y arriver.
Quel a été le bénéfice le plus précieux de votre éducation ?
L’idée de toujours avancer. Ma mère me le répète encore. Il n’y a pas de hasard, quoi qu’il arrive, c’est un mal pour un bien et il ne faut pas s’en inquiéter. On finit toujours par comprendre pourquoi et on en tire les leçons. Elle a eu raison pour plusieurs événements dans ma vie. Je suis, par exemple, devenue scénariste et réalisatrice parce qu’un acteur a décidé qu’il ne me voulait pas comme actrice sur un film. J’avais décroché le rôle et trois semaines plus tard, on m’annonce que je ne ferai pas partie du film car l’acteur en question préférait avoir une actrice plus bancable à ses côtés. Je n’étais pas très solide sur mes appuis, mais je ne me suis pas laissée faire. J’avais signé un contrat et si je ne m’imposais pas, je savais que je me ferais vite "bouffer" par le métier. Dans la foulée, le producteur est venu me voir jouer sur scène pour trouver un terrain d’entente, avant de me dire : "Tu ne vas pas jouer dans ce film, tu vas jouer dans ton film et c’est toi qui vas l’écrire". Aujourd’hui, je remercie cet acteur de ne pas avoir voulu jouer avec moi… Sans lui, je n’aurais jamais reçu la chance d’écrire et de coréaliser C’est tout pour moi.
Si l’on revient au début des années 2000, qu’est-ce qui vous pousse à quitter Bruxelles à 21 ans, pour tenter votre chance à Paris ?
Je ne voulais pas rejoindre Paris, mais plutôt les États-Unis. J’ai été bercée dans l’univers du hip-hop. La danse, le graff, les DJ’s, j’ai grandi entourée de potes qui partaient tenter leur chance à New York ou à Los Angeles. Ils revenaient à Bruxelles avec des nouvelles attitudes, des trouvailles en termes de vinyles, de baskets, de fringues. La culture hip-hop était tellement présente en Belgique, nous avions envie d’aller voir ce qu’il se passait à la source. J’ai donc débarqué à New York, mais pour pouvoir y rester, j’avais besoin d’un visa. À cette période, c’est la danse qui m’animait. Et pour obtenir ce visa, il fallait avoir un statut d’artiste, ce qui était très compliqué à Bruxelles. Je me suis donc installée à Paris pour multiplier les prestations en tant que danseuse et imaginer pouvoir, un jour, travailler aux USA.
En 2003, ça s’annonce bien, puisque vous faites une apparition dans le clip de la chanson DJ de Diam’s ?
J’accumulais les cachets pour démontrer que j’étais une danseuse pro en France et ainsi être éligible pour recevoir le visa. C’était le tout début de la carrière de Diam’s, DJ allait devenir son premier grand tube et sur le tournage, on sentait tous qu’elle était en train d’exploser.
Vous êtes néanmoins vite déçue par le milieu "très masculin" de la danse, qui ne vous considère que pour votre physique ?
J’aimais danser. Je m’entraînais pendant des heures devant un miroir pour soigner ma technique, alors qu’en fait, les réalisateurs de clips voulaient juste me voir me trémousser. Heureusement, j’avais déjà l’ambition de devenir actrice, mais je ne l’assumais pas totalement.
Et comment avez-vous fait le grand saut ?
J’ai rencontré Damien Acoca, qui a très vite décelé ma dimension comique. Dans son cours, j’avais choisi de jouer une scène dramatique. J’étais censée incarner le rôle de Tom Hanks dans Philadelphia… Je commence à jouer et tout le monde est mort de rire. Je ne comprenais pas ce qu’ils me voulaient, je pensais être une grande dramaturge, pas un clown… Ensuite, je me suis inscrite au Studio Pygmalion.
Ndlr: Damien Acoca est un coach d’acteurs français, aussi cofondateur du Studio Pygmalion, le tout premier espace en France exclusivement dédié au coaching des comédiens.
Avant de poursuivre votre formation en suivant les cours de Susan Batson, à New York ?
J’accompagnais mon mari qui explosait dans le mannequinat à New York, tandis que je ne parvenais pas à décrocher mon statut d’intermittent du spectacle en France. C’était une période d’errance. J’avais fini la formation du Studio Pygmalion, je faisais des stages avec Damien Acoca, des cours à l’Actor Studio de Los Angeles et avec Susan Batson. Ce n’était pas n’importe qui, puisqu’elle coachait notamment Nicole Kidman… Madame pipi dans un club à Anvers ou physionomiste à Paris, je multipliais les allers-retours en Europe, où je faisais tous les boulots possibles pour pouvoir me payer ces formations aux États-Unis.
Et quel a été le déclic ?
Susan Batson nous avait demandé de faire une improvisation. Elle voulait que l’on se dévoile en allant chercher quelque chose de très intime. J’ai choisi de dégager mes cheveux pour montrer ma cicatrice de 24 cm sur le cuir chevelu, avant de faire mon rituel quotidien, à savoir la maquiller. Toute la classe était choquée et je me suis effondrée en larmes. Elle a alors expliqué que c’était cette vérité et cette intensité qu’il fallait exprimer à chaque fois que l’on montait sur scène. Ça a été une révélation, comme si un masque était tombé et que mon apparence n’avait plus aucune importance. In fine, nous avons appris, ce jour-là, à maîtriser notre instrument pour pouvoir aller chercher, sur commande, des émotions aussi vraies et intenses.
Malgré toutes ces formations, c’est le stand-up qui vous fera sortir de l’anonymat ?
J’ai découvert le stand-up en assistant au spectacle d’un pote et j’ai tout de suite su que c’était fait pour moi. J’ai essayé de comprendre comment ça fonctionnait, j’ai appris tous les codes et les règles en sillonnant les clubs de Paris. Je découvrais un univers, une vraie communauté qui n’existait pas du tout à Bruxelles. Et puis, un soir, j’ai tenté ma chance auprès d’un programmateur. Je lui ai demandé comment on faisait pour monter sur scène et il m’a expliqué qu’il fallait avoir un "cinq minutes". Je ne comprenais pas de quoi il me parlait, j’ai mis du temps avant de lui répondre et c’est ce temps-là qui a changé ma vie. Au culot, je lui ai dit que j’avais un "cinq minutes" et il m’a fixé rendez-vous sur scène dix jours plus tard. Je n’oublierai jamais ma première scène, c’était le 11 janvier 2011. J’avais vu des humoristes se prendre des bides et je m’étais promis que si ça ne marchait pas, j’arrêterais direct. Heureusement, j’ai cartonné. J’ai trouvé ça dingue et je n’ai eu qu’une seule envie, remonter sur scène.
Depuis vos débuts au Jamel Comedy Club, comment jugeriez-vous l’évolution de votre écriture et de votre humour ?
À mes débuts, quand je montais sur scène, je ne savais même pas ce que j’avais envie de raconter, ni même ce que je voulais défendre. Je n’étais pas non plus consciente de ce que je représentais, parce que même sans le vouloir, on représente quelque chose. En l’occurrence, je représentais une femme urbaine, dans tous les sens du terme. Je n’y avais même pas pensé en écrivant l’un de mes premiers sketches, où je parle de mes menstruations… C’est qui cette nana qui dit que la première fois qu’elle a eu ses menstruations, elle a cru qu’on lui avait tiré sur la techa ? Au final, ce sketch m’a surtout permis de comprendre que certaines femmes cherchaient encore des humoristes auxquelles s’identifier… Et ce sont ces mêmes femmes qui venaient me trouver à la fin du spectacle pour me dire que j’étais la première humoriste qui leur avait donné envie de pousser les portes d’un théâtre. Aujourd’hui, je sais exactement ce que je veux dire et je ne me contente plus d’aller chercher des rires faciles. J’accepte d’être cette nana décomplexée, émotive, trash, cash mais également coquette. Ce mélange me définit et je l’assume à 100 % dans mon nouveau spectacle.
Un spectacle où vous égratignez pas mal notre société… Qu’est-ce qui vous fatigue le plus en 2026 ?
Le racisme décomplexé. Et tous ces sujets, comme le port du voile, qui reviennent sans cesse à chaque élection. On a envie de leur dire : changez de registre ! Ce climat finit par faire peur.
Le port du voile, que vous montrez à l’image dans votre série, Jusqu’ici tout va bien…
À travers l’histoire de ces trois sœurs qui vivent et expriment leur foi de façon très différente. Quand j’entends les débats politiques, je ne reconnais pas les musulmans dont ils parlent. Nous sommes tous différents et nous pratiquons notre religion de façon singulière. C’était important pour moi de le montrer à l’image.
Et dans votre deuxième film, Jusqu’au bout, vous évoquez la PMA tout en abordant la course contre la montre liée à la recherche d'un don de moelle osseuse quand un enfant est issu d'un don d’embryons…
La PMA aurait pu être un film en soi, mais le don d’embryons soulève tellement de questions. C’est un chemin dont peu de gens parlent. Et si l’enfant tombe gravement malade, les parents devront, pour le sauver, aller chercher l’origine de ce qu’ils ont toujours voulu enfouir. À travers de nombreux témoignages, j’ai compris qu’il y avait encore une grande pudeur dans les familles, qui n’osent pas ou refusent tout simplement d’en parler aux enfants. Et les enfants finissent souvent par sentir qu’il y a un secret de famille.
Nous arrivons à Paris… Que diriez-vous au public belge pour le convaincre de venir vous voir à Forest National le 3 février prochain ?
Que c’est un spectacle authentique et plein d’autodérision, qui rassemble et qui leur ressemble. J’ajouterais que c’est le spectacle de la délivrance parce qu’il met tout le monde d’accord, les hommes et les femmes.
Danseres, comédienne, actrice, scenarioschrijfster, regisseuse en producente: deze hyperactieve Brusselse artieste, die in Parijs woont, brak in 2012 bij het grote publiek door dankzij de Jamel Comedy Club. Nawell Madani zal in februari weer te zien zijn in de Vorst Nationaal met haar tweede show: Nawell tout court, meer dan tien jaar nadat ze als eerste Belgische comédienne op het podium van deze legendarische zaal stond.
Boris Rodesch nam samen met Nawell Madani de Eurostar
Wat is je eerste herinnering aan dit traject naar Parijs?
Dat was toen ik auditie ging doen voor danseres in de musical Les Dix Commandements.
Is er een link tussen je werkzaamheden in het verleden, het heden en de toekomst?
Creëren. Ik wil een verhaal vertellen, delen en doorgeven met maar één doel: mensen raken. Of dat nu met het lichaam of woorden gebeurt, het gaat er vooral om hen te vermaken en te ontroeren.
Hoe omschrijf je je jeugd?
Als ingewikkeld. Ook al ben ik met veel liefde opgegroeid, waren mijn ouders vaak afwezig. Mijn vader was namelijk taxichauffeur en mijn moeder verpleegster. Thuis groeide ik beschermd op, omringd door mijn oudere zussen, maar op school heerste een agressieve sfeer omdat ik na een ongelukje thuis het mikpunt van spot op het schoolplein was geworden. Ik heb dus herinneringen aan een moeilijke jeugd.
NVDR: Nawell Madani heeft op tweejarige leeftijd een frituurpan op haar hoofd gekregen waarbij haar hoofdhuid derdegraads verbrand werd.
Er wordt niet veel gesproken over pesten op school maar jij was hier dus een slachtoffer van?
Jazeker en ik heb het er ook over in mijn eerste film C’est tout pour moi. Ze noemden me ‘klachkop’ en zelfs ‘kontkop’. Dat was een moeilijke periode, ik had er moeite mee om mijn plek te vinden en vrienden te maken. In die tijd werd er geen aandacht besteedt aan pesten op school zoals dat nu wel gebeurt. Of je nu op het schoolplein werd gepest of ’s ochtends met een knoop in je maag naar school ging, niemand maakte er een drama van. Er werd ons verteld dat het normaal was, dat we op die manier zouden opgroeien, het leven zouden leren kennen en ‘een man’ zouden worden.
Heeft dit trauma uit je kindertijd achteraf gezien de volwassene gevormd die je nu bent geworden?
Het heeft me vooral geholpen om een zekere scherpzinnigheid te ontwikkelen om mezelf te verdedigen tegen verbale aanvallen en spot. Ik herinner me het advies van mijn moeder: “De beste verdediging is de aanval. Observeer ze, iedereen heeft wel een complex”. Ik moest altijd klaar staan om terug te slaan, zodat ik ze kon terugpakken op het moment dat ze het niet verwachtten.
Welke les trek je uit deze ervaring nu je zelf moeder bent?
Ik wil mijn dochter leren om zichzelf te accepteren en trots te zijn op haar krullend haar en haar donkere huidskleur. Ik hoop dat ze zich door niets en niemand laat kleineren en dat ze vooral niet bang is om erover te praten. Dat is de beste manier om te voorkomen dat de situatie escaleert.
We hebben kunnen lezen dat je vader je soms ‘mijn zoon’ noemde?
Dat zegt hij soms nog steeds. Hij heeft dan ook drie dochters grootgebracht in een volksbuurt in Anderlecht, dus hij maakte zich wel een beetje zorgen om ons. Hij heeft ons opgevoed als jongens. Hij heeft me aangemeld voor kickboksen, hij hield armworstelwedstrijden met mijn zussen … Maar dat heb ik nooit als storend ervaren en omdat ik zijn lievelingsdochter wilde zijn, accepteerde ik het om de kleine jongen te zijn die hij toen nog niet had. Mijn broer is pas later geboren.
Je hebt lang naar zijn goedkeuring gezocht, je ging zelfs zo ver dat je bij elk van je voorstellingen een symbolische plaats voor hem reserveerde?
Uiteindelijk is hij in 2017 naar mijn eerste show, C’est moi la plus belge, in de Olympia gekomen. Ik was al sinds 2013 op tournee en dit was de eerste keer dat hij naar een optreden kwam. Hij was erg ontroerd toen hij zijn naam in het rood zag staan en besefte dat 2.000 mensen een kaartje hadden gekocht. Hij kon zijn emoties niet onder woorden brengen, maar ik voelde dat het hem had geraakt. Ook al liet hij me merken dat hij het altijd al had geweten. Hij zei steevast tegen iedereen: “Ik ken mijn dochter, ze zet zich altijd voor de volle 100% in!” En hij bleef me zeggen dat als het mijn passie was, ik het met mijn doorzettingsvermogen uiteindelijk wel zou redden.
Wat is het waardevolste dat je hebt meegekregen van je opvoeding?
Om altijd verder te geraken. Mijn moeder zegt het zelfs nu nog tegen me. Toeval bestaat niet en wat er ook gebeurt, het is een zegen in vermomming en je hoeft je er geen zorgen over te maken. We komen er altijd achter waarom iets gebeurd is en leren er dan van. Ze heeft gelijk gehad bij verschillende gebeurtenissen in mijn leven. Ik ben bijvoorbeeld scenarioschrijfster en regisseuse geworden omdat een acteur besloot dat hij mij niet als actrice in een film wilde hebben. Ik had de rol gekregen maar kreeg drie weken later te horen dat ik niet in de film zou spelen, omdat de acteur in kwestie liever een actrice had die meer publiek trok aan zijn zijde. Ik stond niet erg stevig in mijn schoenen, maar ik liet me niet uit het veld slaan. Ik had een contract getekend en als ik niet mijn mannetje zou staan, wist ik dat ik al snel door het vak zou worden ‘opgeslokt’. Kort daarna kwam de producent naar mijn optreden kijken om tot een compromis te komen, waarna hij tegen me zei: “Je gaat dan wel niet in deze film spelen, maar je gaat in je eigen film spelen waarvoor je zelf het scenario gaat schrijven”.
Vandaag de dag ben ik deze acteur nog steeds dankbaar dat hij niet samen met mij wilde spelen. Zonder hem had ik nooit de kans gehad om C’est tout pour moi te schrijven en mede te regisseren.
Als we teruggaan naar het begin van de jaren 2000, wat was dan de reden dat je op 21-jarige leeftijd Brussel verliet om je geluk in Parijs te gaan beproeven?
Ik wilde eigenlijk niet naar Parijs, maar naar de Verenigde Staten. Ik ben grootgebracht in de wereld van hiphop. Dansen, graffiti, dj’s … Ik ben opgegroeid met vrienden die allemaal hun geluk gingen beproeven in New York of Los Angeles. Ze kwamen terug naar Brussel met nieuwe stijlen en ontdekkingen op het gebied van platen, sneakers en kleding. De hiphopcultuur was zo aanwezig in België dat we graag wilden gaan kijken wat er aan de bron gebeurde. Ik ben dus naar New York gegaan, maar om daar te mogen blijven, had ik een visum nodig. In die tijd was dansen mijn passie. En om dat visum te krijgen, moest je de status van artiest hebben, wat in Brussel erg ingewikkeld was. Ik ben dus naar Parijs gegaan om meer optredens als danseres te kunnen doen in de hoop dat ik op een dag in de VS zou kunnen werken.
In 2003 ziet het er veelbelovend uit, want je speelt een rol in de videoclip van het nummer DJ van Diam’s?
Ik deed zoveel mogelijk optredens om aan te tonen dat ik een professionele danseres was in Frankrijk en zo in aanmerking te komen voor het visum. Het was het prille begin van de carrière van Diam’s; DJ zou haar eerste grote hit worden en tijdens de opnames voelden we allemaal dat ze op het punt stond door te breken.
Maar toch raak je al snel teleurgesteld door de ‘zeer mannelijke’ danswereld, waar je alleen op je uiterlijk wordt beoordeeld?
Ik hield van dansen. Ik oefende urenlang voor de spiegel om mijn techniek te perfectioneren, terwijl de regisseurs van muziekvideo’s eigenlijk alleen maar wilden dat ik wat op en neer bewoog met mijn heupen. Gelukkig had ik toen al de ambitie om actrice te worden, maar ik durfde daar alleen nog niet helemaal voor uit te komen.
En hoe heb je de grote sprong gewaagd?
Ik ontmoette Damien Acoca, die al snel mijn komische kant ontdekte. In zijn les had ik ervoor gekozen om een dramatische scène te spelen. Het was de bedoeling dat ik de rol van Tom Hanks in Philadelphia zou spelen. Ik begin met spelen en iedereen ligt dubbel van het lachen. Ik begreep niet wat ze van me wilden, ik dacht dat ik een groot toneelschrijfster was, geen clown! Daarna schreef ik me in bij de Studio Pygmalion.
Nvdr: Damien Acoca is een Franse acteercoach en medeoprichter van Studio Pygmalion, de allereerste plek in Frankrijk die uitsluitend gewijd is aan het coachen van acteurs.
Vervolgens zet je je opleiding voort met acteerlessen van Susan Batson in New York?
Ik ging mee met mijn man, die in New York een grote doorbraak had als model, terwijl ik er in Frankrijk maar niet in slaagde mijn status als tijdelijk werkende in de entertainmentbranche te verkrijgen. Het was een periode waarin ik zoekende was. Ik was klaar met mijn opleiding bij Studio Pygmalion, ik liep stage bij Damien Acoca, ik volgde lessen bij Actor Studio in Los Angeles en bij Susan Batson. Dit was niet zomaar de eerste de beste want zij was ook de coach van Nicole Kidman. Of ik nu als toiletjuffrouw in een club in Antwerpen werkte of als uitsmijter in Parijs, ik reisde heen en weer naar Europa waar ik alle mogelijke baantjes aannam om die opleidingen in de Verenigde Staten te kunnen betalen.
En wat was je eyeopener?
Susan Batson had ons gevraagd om een improvisatie te doen. Ze wilde dat we ons blootgaven door iets heel persoonlijks te laten zien. Ik koos ervoor om mijn haar opzij te doen en zo mijn litteken van 24 cm op mijn hoofdhuid te tonen, voordat ik aan mijn dagelijkse ritueel begon, namelijk het litteken bedekken onder een laag make-up. De hele klas was geschokt en ik barstte in tranen uit. Susan legde toen uit dat het juist die waarheid en die intensiteit was die je elke keer moest uitdrukken als je het podium opging. Dat was een openbaring voor me, alsof er een masker was afgevallen en mijn uiterlijk er helemaal niet meer toe deed. Uiteindelijk hebben we die dag geleerd ons instrument zo te beheersen dat we op commando zulke authentieke en intense emoties kunnen oproepen.
Ondanks al die opleidingen zorgt de stand-upcomedy ervoor dat je uit de anonimiteit treedt?
Ik heb stand-upcomedy ontdekt toen ik naar een optreden van een vriend ging kijken en ik wist meteen dat dit iets voor mij was. Ik ben me er toen in gaan verdiepen en heb de kneepjes van het vak geleerd door de clubs in Parijs af te struinen. Ik ontdekte een hele nieuwe wereld, een echte gemeenschap die in Brussel helemaal niet bestond. En toen, op een avond, waagde ik mijn kans bij een programmeur. Ik vroeg hem wat ik moest doen om op het podium te staan en hij legde me uit dat je een ‘tight 5’ moest hebben.
Ik had geen idee waar hij het over had en ik gaf dan ook niet meteen antwoord. En juist die tijd heeft mijn leven veranderd. Ik heb hem toen zonder blikken of blozen gezegd dat ik een ‘tight 5’ had, en tien dagen later mocht ik het podium op. Ik zal mijn eerste scène nooit vergeten; het was op 11 januari 2011. Ik had gezien hoe komieken de plank missloegen en ik had mezelf beloofd dat als ik niet goed ontvangen zou worden door het publiek, ik er meteen mee zou stoppen. Gelukkig was het een groot succes. Ik vond het waanzinnig en ik wilde maar één ding: weer het podium op.
Wat vind je van de ontwikkeling van je teksten en je humor sinds je beginjaren in de Jamel Comedy Club?
Toen ik net begon en het podium opging, wist ik niet eens wat ik wilde vertellen, laat staan waar ik voor wilde opkomen. Ik was me er ook niet van bewust wat ik vertegenwoordigde, want zelfs zonder dat je het wilt, vertegenwoordig je iets. In dit geval speelde ik een stedelijke vrouw, in alle betekenissen van het woord. Ik had er niet eens bewust over nagedacht toen ik een van mijn eerste sketches schreef, waarin ik over mijn menstruatie spreek. Wie is die meid die zegt dat ze, toen ze voor het eerst ongesteld werd, dacht dat er op haar intieme delen was geschoten? Uiteindelijk heeft deze sketch me vooral doen inzien dat sommige vrouwen nog steeds op zoek zijn naar comédiennes waarmee ze zich kunnen identificeren. En het waren precies diezelfde vrouwen die na afloop van de voorstelling naar me toe kwamen om me te vertellen dat ik de eerste comédienne was die hen had geïnspireerd om eens een theater binnen te stappen. Vandaag de dag weet ik precies wat ik wil zeggen en neem ik geen genoegen meer met makkelijk scoren. Ik accepteer dat ik die ongeremde, emotionele, trashy, recht-voor-zijn-raap maar ook kokette meid ben. Die mix is wie ik ben en daar sta ik voor de volle 100 % achter in mijn nieuwe show.
Een voorstelling waarin je onze samenleving flink op de korrel neemt. Wat stoort je het meest in 2026?
Openlijk racisme. En al die onderwerpen, zoals het dragen van een hoofddoek, die bij elke verkiezing weer op de proppen komen. Je zou tegen hen willen zeggen: kom toch eens een keer met iets anders! Dit klimaat wordt op den duur beangstigend.
En het dragen van een hoofddoek, die je in je tv-serie Jusqu’ici tout va bien laat zien?
Aan de hand van het verhaal van deze drie zussen, zien we dat ze hun geloof op heel verschillende manieren beleven en tot uitdrukking brengen. Als ik naar de politieke debatten luister, herken ik de moslims waarover ze spreken niet. We zijn allemaal verschillend en belijden onze religie op onze eigen manier. Het was voor mij belangrijk om dat in beeld te brengen.
En in je tweede film, Jusqu’au bout, breng je kunstmatige voortplanting ter sprake en ga je tegelijkertijd in op de race tegen de klok van ouders die naar een beenmergdonor zoeken wanneer een kind is verwekt met behulp van een embryodonatie.
Kunstmatige voortplanting had op zich al een film kunnen zijn, maar embryodonatie roept zoveel vragen op. Het is een traject waar maar weinig mensen over praten. En als het kind ernstig ziek wordt, zullen de ouders, om het te redden, op zoek moeten gaan naar de oorsprong van wat ze altijd hebben willen verbergen. Uit talrijke getuigenissen heb ik begrepen dat er nog steeds een groot gevoel van schaamte heerst binnen gezinnen, die het niet durven of simpelweg weigeren er met de kinderen over te praten. En kinderen krijgen uiteindelijk vaak het gevoel dat er iets voor hen verzwegen wordt.
We arriveren in Parijs … Wat zou je tegen het Belgische publiek willen zeggen om hen te overtuigen om op 3 februari naar je voorstelling in de Vorst Nationaal te komen kijken?
Het is een authentieke voorstelling vol zelfspot, die mensen samenbrengt en die bij hen past. Ik zou eraan willen toevoegen dat het een voorstelling is die bevrijding brengt, omdat iedereen het ermee eens is, of je nu man of vrouw bent.
NAWELL MADANI
www.nawellmadani.com
Forest National > 3/2 2027
Nawell Madani Tout Court