DRIVING AMBITION

Le dernier Mondial de l’Automobile à Paris a été boudé par six constructeurs, dont Ford, Volvo et Mazda. Une gifle pour les organisateurs qui sonne comme un avertissement : les salons sont priés d’évoluer et de s’accorder avec un secteur en plein remue-ménage.

Le salon de l’automobile français, baptisé pompeusement Mondial de l’Automobile, serait-il devenu un événement de seconde zone? C’est que cette édition 2016 a été boudée par Ford, Mazda et Volvo, mais aussi par Bentley, Aston Martin, Alpine et Lamborghini…

Les mordus de belles carrosseries ont donc dû se passer de quelques constructeurs de prestige, et non des moindres, mais également de marques plus communes. L’absence des deux “joyaux” de la galaxie Volkswagen (Bentley et Lamborghini) s’explique par la politique d’économies qui a été mise en place par VW pour faire face aux coûts liés au Dieselgate. Et Bentley de préciser que, désormais, il compte se concentrer sur des événements plus confidentiels afin de se rapprocher de sa clientèle. Tandis que chez Lamborghini, on explique que « la stratégie de participation aux salons est en pleine révision ». Ford est lui aussi occupé à revoir sa politique en la matière, l’ovale bleu se voulant désormais « un fournisseur de mobilité ». Du coup, il compte renforcer sa présence sur des salons non automobiles comme le CES de Las Vegas (grand-messe de l’électronique grand public) ou l’IFA de Berlin. De quoi forcément faire réfléchir les organisateurs bruxellois du salon de l’auto.

Pour Pierre Lalmand, patron de l’European Motor Show Brussels, un salon au sens traditionnel du terme a néanmoins encore toute sa légitimité : « Exposer des nouveautés a toujours du sens, surtout en Belgique où de nombreux citoyens sont de véritables mordus d’automobile. C’est chaque année un rendez-vous très attendu, où l’on vient pour rêver mais aussi pour répondre à des besoins très pragmatiques, tous les types de voitures étant présents en un seul et même endroit. De la citadine compacte ultra économique au bolide le plus puissant de la planète, le salon de Bruxelles accueille une large palette de véhicules, sans oublier les motorisations et concepts ‘propres’. » 

Mais, XXIe siècle oblige, les organisateurs sont contraints de revoir la formule : « Le secteur automobile est en pleine évolution aujourd’hui, que cela soit à cause de normes écologiques de plus en plus strictes ou d’une fiscalité elle aussi en pleine évolution. Le visiteur, tout comme les constructeurs, sont aussi en attente d’autre chose. C’est pour cette raison que le salon de Bruxelles passe progressivement d’un événement statique à un show dynamique, où l’expérience du visiteur est au centre de nos préoccupations. Outre cet aspect, nous travaillons aussi à supprimer toute forme de files et d’attentes, à pouvoir acheter son ticket online, à ce qu’il y ait une véritable interaction avec le public, au travers de manifestations inédites que l’on ne peut voir et vivre qu’au salon de l’auto. Bref, l’objectif est d’offrir une expérience complète, doublée d’un événement fort ! »
UNE DATE CLÉ

Le salon de Bruxelles a la chance d’être bien positionné dans l’agenda international des salons. « Le salon de Bruxelles est depuis toujours organisé en janvier et, cette année, il fête sa 95e édition. C’est LE grand rendez-vous de l’automobile en Belgique, une sorte d’anniversaire auquel la population est invitée à participer chaque année ! » explique Pierre Lalmand. « Tout Belge sait que c’est le meilleur moment pour acheter une voiture. C’est pour cette raison que Bruxelles a la réputation d’être un salon de vente plus qu’un salon d’image. Cela ne nous empêche pas d’exposer de nombreux prototypes, des premières mondiales, des centaines de premières belges, le tout conjugué avec des super conditions salon attendues par des milliers de citoyens » poursuit-il.

La particularité du salon belge est d’être organisé chaque année avec, les années paires, un salon classique, et les années impaires un salon de l’utilitaire. Afin de pousser le rêve des visiteurs encore plus loin, l’idée est venue d’organiser un événement éphémère, dans un décor hors norme, rehaussé par la présence de voitures d’exception. C’est ainsi qu’est né Dream Cars. En 2017, non moins de 42 bolides seront exposés, tous sur un pied d’égalité et sur 42 podiums identiques. « Le public a immédiatement adhéré à l’idée. Les constructeurs aussi puisque, cette année, nous avons reçu 48 demandes alors que nous ne disposons que de 42 podiums. Et si un Alpine, qui opère son grand retour, n’était pas présent au salon de Paris, il le sera par contre à Bruxelles, dans cette section Dream Cars. Une belle preuve que notre concept plaît! Et, en exclusivité cette année, je peux d’ores et déjà vous dire que nous serons plongés dans une ambiance hivernale, rappelant les plus belles stations de ski d’Europe! » annonce Pierre Lalmand.

Six of the biggest names in the industry, including Ford, Volvo and Mazda, made the decision not to attend the Mondial de l’Automobile, held in Paris this year. This was a real slap in the face for the organisers, and the message was loud and clear: the show needs to make changes to keep pace with a sector that’s currently in a state of upheaval.

Will the Mondial de l’Automobile, also known as the European Motor Show, become a second-rate event? With this year’s show being snubbed by Ford, Mazda and Volvo, as well as the likes of Bentley, Aston Martin, Alpine and Lamborghini, who knows what the future will hold?

Several luxury brands, as well as some household names, were sorely missed by car aficionados.

The absence of two Volkswagen gems (Bentley and Lamborghini) can be explained by VW’s cost-cutting plan to cover Dieselgate expenses. Bentley has explained that, from now on, it plans to focus on smaller, more exclusive events in order to reach its clients. While a spokesperson for Lamborghini said on the subject of attendance at motor shows: ‘we are revising our strategy’. Ford is also reviewing its trade show strategy, and the blue oval brand is hoping to instead attend events that are more closely aligned with its customers. This means strengthening its presence at non-automobile shows like the hugely popular CES (Consumer Electronics Show) held in Las Vegas or the IFA, another leading consumer electronics show in Berlin. All this has made the organisers of 2017’s fast-approaching Mondial de l’Automobile, to be held in Brussels, reflect on the situation.

For Pierre Lalmand, director of the European Motor Show Brussels, the show – in the traditional sense of the word – is still very important to put on: ‘Unveiling new developments and products in the industry will always be worthwhile, particularly in Belgium where there are many serious car fans. Each year the event is eagerly anticipated, with the show featuring innovations in the making. On top of that, it is incredibly convenient as it showcases a large number of cars under one roof. The Brussels show will open its doors to a vast range of vehicles, from compact, ultra-affordable cars to the fastest racing cars in the world’.

However, as is necessary in this day and age, organisers are being forced to rethink the way they do things: ‘The automotive industry is constantly evolving, partly due to increasingly strict environmental standards and partly due to changes in tax incentives (especially for diesel cars). Visitors to the show, as well as exhibitors, are expecting something new and different. This is the reason why the Brussels show is gradually moving from a static event to a dynamic one, where the visitors’ experience is our main focus. In addition to this, we are working hard to ensure that people will be able buy their tickets online, won’t have to queue for anything during the show, and ensure that we can have a real interaction with attendees. We’ll do this by putting on new events that can only be experienced at the motor show. In short, the aim is to provide a complete experience for attendees, as well as a high-impact event!

A KEY DATE

The Brussels show is fortunate enough to be well-positioned on the annual calendar for car shows around the world. ‘The show has always been held in January and in 2017 it will be celebrating its 95th anniversary. This is THE automotive event in Belgium, a kind of birthday which the entire Belgian population is invited to attend each year’, explains Pierre Lalmand. ‘Everyone in Belgium knows that this is the best opportunity to buy a car. That’s why the show is known for its sales, rather than just for displaying cars as showpieces. However, that doesn’t stop us from displaying various new models, which have not been unveiled anywhere else in the world, and hundreds of new Belgian cars too, in addition to a superb show programme anticipated by hundreds of thousands of visitors’, he continues.

The unique nature of the Brussels event is also down to its parallel shows: on even-numbered years it is organised alongside a classic car show and on odd-numbered years alongside a commercial vehicle show. To turn the show into even more of a dream for its visitors, organisers decided to put on a temporary exhibition in a unique setting, with the highlight being its display of supercars. That’s how Dream Cars was born. In 2017, no less than 42 racing cars will be on show, all in the same way (to avoid any competition), on 42 identical podiums. ‘The public really embraced the idea, not to mention the manufacturers! In fact, this year we received 48 exhibitor applications for just 42 podiums. And though Alpine, a brand that’s making a major comeback, may have been a no-show at the Paris event, it will be making an appearance in Brussels as part of the Dream Cars show – proof that our idea really appeals to people. We’re also going to have an exclusive theme this year. All I can tell you is that you’ll be whisked away to a winter wonderland, featuring some of the most beautiful ski resorts in Europe...’ Pierre Lalmand concludes.