1h22 AVEC... ALEX VIZOREK

Interview by Boris Rodesch

Pollen a pris le Thalys avec Alex Vizorek, humoriste et chroniqueur, une référence dans le paysage audiovisuel français.

Quels sont tes premiers souvenirs à Paris ?
J’avais 10-12 ans et j’étais un vrai collectionneur. Ma motivation pour venir à Paris, c’était un marché de pin’s. J’ai ensuite collectionné les autographes d’acteurs. Je les attendais à la sortie des théâtres parisiens. C’est comique ce vice des collections, désormais je n’ai plus aucune affection pour les objets.

La première fois que tu as pensé à la scène ?
J’avais 13 ans lors de mon premier casting pour une pièce muette au théâtre de la Balsamine à Bruxelles. Je suis monté sur scène et j’ai découvert les applaudissements, la vie de théâtre… Petit bourgeois ucclois, c’était alors loin de moi. J’ai enchaîné des études de Solvay et de Journalisme avant de rejoindre les cours Florent.

Les cours Florent après Solvay, tu avais du temps pour profiter de Paris ?
J’en profitais pour aller au théâtre, au musée, lire des bouquins, voir des vieux films et me faire une culture que je n’avais pas. En dernière année, coup de chance, le cours de One Man Show donné par ma « mère de théâtre », Stéphanie Bataille. À la fin du cursus, le père Florent – François Florent - donnait son avis. « Est très belge, a tout d’un concierge de palace ostendais à qui on aimerait raconter ses histoires de cul… » Phrase magique qui ne veut rien dire. Signifiait-elle que j’avais une chance dans le métier ou était-ce dans l’absurde le plus total et il se foutait de ma gueule ?

Peut-on évoquer le rêve parisien ?
La réussite pour moi c’était Paris. Mes parents regardaient les chaines françaises. Dans la voiture de mon père on écoutait RTL en longues ondes. J’ai par exemple beaucoup plus écouté les Grosses têtes que le Jeux du dictionnaire.

Et les Guignols de l’info ?
J’aimais plutôt bien regarder Le petit Journal et les Guignols. Mais cette année avec les deux nouvelles marionnettes, Justin Bieber et Kim Kardashian, PPDA remplacé par Nikos… c’est plus l’ADN. Gamin, j’étais plus Bébête show, c’était burlesque et ça plaisait aux jeunes comme aux vieux.

Le Thalys une parenthèse entre deux vies ?
Dans un premier temps, le Thalys m’emmenait vers ce rêve parisien. Aujourd’hui, il représente le trait d’union dans l’autre sens. Le plaisir d’aller voir ma famille, mes amis et ma ville.

Le mode de vie à la parisienne ?
L’espace est beaucoup plus restreint. J’ai habité dans un 14 mètres carrés pendant longtemps. Désormais je déménage dans un 31 mètres carrés. C’est cool, c’est le début de l’ascension. C’est aussi le jeu et ça te pousse à sortir. À 19 heures à Paris, tu peux encore choisir d’aller au théâtre. À Bruxelles c’est plus compliqué.

Désormais tu es plus Jambon-beurre qu’américain préparé ?
À Paris, tu reçois un tartare mais ils ne pigent pas que c’est meilleur avec de la mayonnaise. Tu demandes donc un gros pot de mayo et le mec te voit bosser dans ton assiette : « Qu’est ce qu’il fait ce con?! » De retour à Bruxelles, un de mes plaisirs, c’est d’aller au Canterbury manger un américain.

Tu sors souvent à Paris ?
J’évite les soirées. Je n’ai pas trop de vie sociale, juste des vieux potes à Bruxelles. Dans mon métier, je rencontre des gens tous les jours. J’apprécie donc d’être seul chez moi, devant un dvd, m’ouvrir une bouteille de vin et faire ma bolognaise. C’est con mais je n’ai plus trop le temps de faire ça, surtout la bolo…

Une célébrité avec qui tu aimerais être coincé dans le Thalys ?
Idéalement si je pouvais faire revenir Barbara, c’est ma référence ultime. Sinon Marion Maréchal, En 1h22, je pourrais peut-être la faire hésiter sur quelques trucs (rires). Malgré ce que pensent fièrement les journalistes français qui prônent un combat par les idées, je crois au système belge francophone qui refuse de les laisser s’exprimer dans les médias. Ils sont marrants en France, ça marche tellement bien que le FN est à
40%...

France inter en radio c’est ta référence absolue ?
Absolue, je confirme. C’est la radio de Pierre Desproges, Stéphane Guillon, Laurent Ruquier… C’est aussi la radio d’état où l’on profite d’une totale liberté d’expression.

Si tu devais définir ton humour ?
Si c’est de l’humour noir, il est plutôt gris et j’essaie d’être plus drôle que cynique. Mon métier c’est de faire rire les gens et pas de leur donner mon avis. Si j’arrive à faire les deux c’est mieux.

As-tu une inspiration en particulier ?
Je cite souvent Fabrice Luchini et Philippe Caubère.

Si tu pouvais tout recommencer ?
Je ne changerais rien. Dans le petit garçon timide, j’y ai trouvé une volonté de séduire qui est passé par la scène. De Solvay, je garde la rigueur, la camaraderie et une certaine intelligence tandis que le Journalisme m’a offert l’éclectisme des gens.

Virginie Efira ou Sophie Marceau ?
Sophie Marceau, parce que fantasme absolu!

Pour conclure as-tu une bonne blague ?
Pourquoi sur sa table de nuit, un belge a-t-il a un verre d’eau rempli et un verre d’eau vide ?

Parce que quand on se réveille la nuit, parfois on a soif et parfois on n’a pas soif…

Pollen magazine took a Thalys train with Alex Vizorek, a well-known comic and columnist in France.

What are your first memories of Paris?
I was 10 or 12 years old and was a real collector. I wanted to come to Paris to visit a pin badge market. Afterwards, I started collecting actors’ autographs. I used to wait for them at the stage door of Parisian theatres. My obsession with collecting things seems funny now - I’m not attached to objects any more.

When was the first time you thought about working on stage?
I was 13 when I had my first audition for a silent production at the Théâtre de la Balsamine in Brussels. I climbed up on stage and discovered the applause - how actors and performers live.  
As a nobody from Uccle, it all seemed a very distant prospect. 
I studied at the Solvay Brussels School of Economics and Management and then journalism before attending the Cours Florent (a private French drama school).

Did you have time to enjoy Paris, studying at the Cours Florent after Solvay?
I used to go out to the theatre and museums, read books, watch old films and improve my cultural knowledge which was pretty non-existent. I was really lucky during my last year - the One Man Show course was taught by my ‘theatre mum’, Stéphanie Bataille. At the end of the course, the eponymous Florent - François Florent - gave his opinion. ‘Very Belgian, he looks just like a concierge at a five star hotel in Ostend - the kind you want to tell all your dirty stories to...’ An incredible phrase which is incomprehensible. Did it mean that I had a chance of making it professionally or was it the most totally absurd phrase, used to make fun of me? 

Can you describe your Parisian dream?
Paris has always been my definition of success. My parents used to watch the French channels. In the car, my father used to listen to RTL on long wave. I listened a lot more to Les Grosses Têtes than to Les Jeux du Dictionnaire. 

And Les Guignols de l’info?
I preferred watching Le Petit Journal and Les Guignols. But this year, what with the two new Justin Bieber and Kim Kardashian puppets and Patrick Poivre d’Arvor being replaced by Nikos... it’s not the same any more. When I was young, I liked Le Bébête Show, it was farcical and appealed to young and old.

Would you describe the Thalys train as an interlude between your two lives?
Initially, the Thalys train took me towards my Parisian dream. Today, it represents a link in the other direction. It enables me to see my family, my friends and my city – which is always a pleasure.

What’s your Parisian lifestyle like?
There’s a lot less space. I lived in 14 square metres for a long time. I’ve now moved to a 31 square metre flat. It’s cool, I’m starting to work my way up. That’s the way it works and it encourages you to go out. Even at 7pm in Paris, you can still decide to go to the theatre. 
It’s more complicated in Brussels.

Do you prefer French food to Belgian cuisine now?
In Paris, they serve you a tartare but don’t get that it’s better with mayonnaise. So you ask for a big pot of mayo and the waiter sees you fiddling with your plate and thinks: ‘What’s that idiot doing?’ Back in Brussels, I love going to the Canterbury restaurant to enjoy a plate of tartare.

Do you go out often in Paris?
I avoid parties. I don’t have much of a social life, just old friends who live in Brussels. With my job, I meet people every day. So I enjoy being home alone, in front of a DVD, opening a bottle of wine and cooking a bolognese sauce. It sounds stupid but I don’t have much time any more, particularly when it comes to cooking...

Name a celebrity who you’d like to be stuck on a Thalys train with.
Ideally, I’d like to bring back Barbara, she’s my number one.

Otherwise, Marion Marechal. In 1 hour and 22 minutes, I might be able to make her think about some things (laughs). Despite what French journalists - who advocate battles of ideas - so proudly think, I believe in the French-speaking Belgian system which refuses to let such people express themselves in the media. They’re funny in France, the system works so well that the Front National is polling 40%... 

Is France Inter radio the very best, in your opinion?
The best radio is produced by Pierre Desproges, Stéphane Guillon and Laurent Ruquier... not forgetting state radio where you can enjoy complete freedom of expression - I know I have.

How would you define your humour?
If described as black humour, it’s rather grey; I try to be funny rather than cynical. My job is to make people laugh and not to tell them my opinion. Although it’s better if I manage to do both. 

Do you have any particular sources of inspiration?
I often quote Fabrice Luchini and Philippe Caubère.

If you could start over?
I wouldn’t change anything. As a shy little boy, I always wanted to charm other people which led me to the stage. Solvay gave me discipline, camaraderie and a certain level of intelligence whilst my journalism studies introduced me to an eclectic range of people.

Virginie Efira or Sophie Marceau?
Sophie Marceau, because she’s my ultimate fantasy. 

Lastly, can you tell us a good joke?
Why does a Belgian have both a glass of water and an empty glass on his bedside table? 
Because when you wake up at night, sometimes you’re thirsty and sometimes you’re not thirsty...

CULTURETanguy Van Vlasselaer